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En Isère comme ailleurs, durant la Première Guerre mondiale, les principaux centres productifs bénéficient de l'apport massif de travailleurs immigrés. La plupart viennent des colonies françaises et sont réquisitionnés par l'État pour pallier le manque de main-d'œuvre dans les usines. La Société chimique des Usines du Rhône, installée en 1915 à Roussillon, dans le nord-ouest du département de l'Isère, devenue Rhône-Poulenc en 1928, fait partie de cette histoire. Les cantonnements qui y sont construits pendant la Première Guerre mondiale continuent d'abriter jusque dans les années 1960 des familles espagnoles, portugaises ainsi que des célibataires nord-africains. Situés « derrière l'usine », loin des cités ouvrières réservées aux Français de souche, dans un environnement ingrat et dangereux, ces espaces d'habitations matérialisent plus que jamais la mise à l'écart de cette importante communauté ouvrière immigrée présente dans l'agglomération. Pourtant, au-delà de l'isolement, des nuisances et de la promiscuité, du sentiment de relégation, ces hommes et ces femmes vont s'approprier ces lieux et construire une nouvelle intimité, aménager un espace vivant, où règnent le plus souvent un sentiment de fraternité et une grande convivialité. A travers cette exposition et l'ouvrage qui l'accompagne, le Musée de la Viscose, appelé à devenir dans les prochaines années le Musée de la Mémoire ouvrière, nous interpelle ainsi sur un aspect méconnu et douloureux de l'histoire ouvrière, celui de la ségrégation produite de longue date par l'usine à l'égard des immigrés. Un sujet grave et difficile, pour alimenter notre compréhension du présent et stimuler notre réflexion sur l'avenir. |
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| DATE | Du 11/12/2009 au 31/05/2010 |
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| ORGANISATEUR |
Musée de la Viscose |
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| INFOS PRATIQUES | CONDITIONS DE VISITE Visites pour les groupes, tous les jours sur rendez-vous |
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