
Publié le 01/03/2012
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A la faveur d'une réorganisation des établissements hospitaliers de la ville, la clinique des Bains -devenue clinique d'Alembert - a quitté ses bâtiments historiques de la rue Thiers. La clinique comprenait une belle maison de maître entourée d'un jardin d'agrément avec une maison de gardien accolée à un élégant portail aux délicates ferronneries d'esprit art nouveau donnant sur la rue Thiers. Par ses volumes, ses jeux de toiture, ses encadrements de baies polychromes, ses décors de façade et ses ferronneries, ses dallages intérieurs, ses lambris, ses plafonds à caissons, cette maison se distingue parmi les maisons bourgeoises grenobloises de l'époque de la 3e république. Bien qu'une partie de ses décors aient disparu la maison sera conservée. A l'arrière, la propriété comprenait un ensemble constitué de trois édifices disposés en U autour d'une petite cour donnant sur la rue des Bains, dont une chapelle à nef unique avec une tribune desservie par un bel escalier à double courbure. Ces bâtiments se distinguaient par la très riche décoration en ciment moulé de leurs façades : portail central à pilastres et frontons, portail à colonnes ioniques de la chapelle, bandeaux moulurés, encadrements de baies, corniches, lucarnes, etc. La chapelle et le bâtiment central seront conservés mais le bâtiment en retour a été démoli. A ces premières constructions étaient venues s'ajouter, à différentes époques, des bâtiments de moindre intérêt patrimonial mais également une salle des fêtes dont la structure de poteaux et d'arceaux en bois était traitée avec soin. Les murs de scène étaient ornés de grands panneaux marouflés, œuvre d'Edouard Brun (1860 - 1935), artiste grenoblois reconnu et membre fondateur de la "Société des peintres de montagne". L'un représentait un paysage de moyenne montagne au printemps, probablement de Chartreuse, et l'autre une vue de haute montagne, probablement la face nord de la Meije. Malheureusement, ces toiles marouflées, qui auraient pourtant pu être déposées, ont été détruites avec le bâtiment sans même qu'un reportage photographique intégral ne permette d'en garder la trace.
De la même manière, aucun témoignage visuel ne demeure des équipements et aménagements médicaux de l'établissement alors que ces clichés auraient pu utilement enrichir les collections du Musée des sciences médicales ! Aujourd'hui, alors que le projet d'aménagement est ficelé, on peut tout de même formuler le vœu que le bel escalier de la chapelle y trouve une place et qu'un soin particulier soit apporté au traitement du portail, menacé par l'accès pompier. 
L'association "Patrimoine et Développement du Grand Grenoble" projette d'éditer un ouvrage "Une villa de la Belle Epoque à Grenoble, à l'ombre de la clinique des bains" accessible par souscription. Téléchargez le bulletin de souscription |