
Publié le 07/05/2010
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« Vous cherchez un remède contre l’arthrite, le diabète ou encore l’anémie ? Alors courrez à Monestier-de Clermont ! » : voilà ce que vous auriez pu lire dans certains journaux isérois du début du XXe siècle à propos de la source d’eau minérale située au lieu-dit « Le Vaure » de cette petite cité du Trièves. La source de Monestier-de-Clermont, citée dès 1639 dans un document officiel de l'Académie Royale de médecine, était en effet connue pour ses bienfaits thérapeutiques et sa minéralisation remarquable. Si son exploitation commerciale fut modeste et ne dépassa pas les limites du département, elle se prolongea cependant jusqu'aux années suivant la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
A l’écart du bourg, un ancien bâtiment de captage de ces eaux minérales, édifié dans les années 1880 et très bien conservé, témoigne encore de cette activité. Sur proposition de la Commission départementale du patrimoine, la Communauté de communes vient d’accepter l’attribution du label « Patrimoine en Isère » pour cet édifice et s’engage désormais dans une réflexion sur l’avenir du site. Ce petit édicule construit à la fin du XIXe siècle se distingue par sa qualité architecturale. Il se compose d'un corps de bâtiment principal de plan octogonal, flanqué d'une avancée de plan carré et d'une hauteur réduite. Édifié en moellons avec un solin de pierre de taille, il est agrémenté, à l'extérieur, d'un élégant décor réalisé en ciment moulé qui s'inspire du registre ornemental classique. L'intérieur est tout aussi soigné et la charpente particulièrement élégante. Le bassin de captage, dans lequel on descend grâce à un escalier d'une quinzaine de marches, est entouré d'un petit mur en moellons. Au centre de ce bassin, une grande cuve métallique présente un robinet qui permettait de recueillir l'eau minérale.
Parmi les sources d'eaux minérales attestées dans le Trièves, celle de Monestier est l'une des rares, avec celle d'Oriol, a avoir fait l'objet d'une commercialisation. Le faible débit des eaux ne permit cependant pas une exploitation à grande échelle ni la création d'une station thermale. Le site, complètement abandonné à partir des années 1950, a depuis lors été laissé en l'état. L'implication et la volonté de la Communauté de communes devraient cependant permettre de lui offrir une seconde vie et d'en faire un lieu à portée éducative et touristique.   |