Koen D'Hiet conduisant une visite au musée de l’Ancien Évêché, à Grenoble
Ils sont plus d'un millier en France, quelques dizaines en Isère. Guide conférencier, guide interprète, leur situation est très diverse, leur statut à peine défini. C'est que leur métier en pleine expansion se cherche encore, confronté aux attentes d'un public toujours plus avide de connaissances, et aux besoins des institutions, de plus en plus soucieuses de médiation culturelle. Rencontre avec Koen, guide par vocation.
C'est l'amour d'une jeune femme qui conduit Koen D'hiet à Grenoble dans les années 90. C'est l'amour du patrimoine qui l'amène à abandonner son poste de commercial dans l'hôtellerie pour passer et obtenir son diplôme de guide interprète régional en 1998 ? C'est l'amour, toujours, de cette région aux charmes discrets qui le fixe définitivement en Dauphiné. Faut-il le dire, ce jeune homme de 32 ans, originaire de Belgique, est un passionné. Rien d'étonnant alors à ce qu'il ait épousé le métier de guide !
Un métier qui a bien évolué. Pendant très longtemps, on a fait « office de guide ». Un texte appris par coeur par un étudiant en quête d'expérience, un ancien avide de transmettre son histoire, une mère de famille dégagée de ses obligations familiales et soucieuse de reprendre pied dans la vie professionnelle (d'où d'ailleurs l'importante féminisation de la profession). La pratique du métier a bien changé. Le « guidage » est devenu une véritable profession. Sans pour autant qu'il y ait d'archétype du guide. Chacun apporte son savoir faire : le sens de la communication, le plaisir de la représentation, l'envie de partager, de susciter une attention, un autre regard sur l'histoire, le patrimoine, le cadre de vie. Et les occasions ne manquent pas, car dans ce métier, on rencontre le monde entier : l'amateur féru de patrimoine, l'enseignant soucieux du moindre détail, l'enfant aux oreilles et aux yeux qu'il faut ouvrir, le simple quidam qui passait par là, et qui peut être aura envie de revenir. On compose à chaque fois, avec le même souci de séduire, le même trac et la même inquiétude de passer à côté ! La visite, c'est un pari ! «La face cachée du métier ? C'est l'acquisition permanente de la connaissance. Les nombreuses heures de lectures et de formation, qui vont permettre de répondre à toutes les questions : celles de l'amoureux de turbines hydroélectriques, comme celles du fana de lacets préhistoriques (ils existent !) ». Ce temps passé à la recherche est peu visible et mal reconnu. « Il reste beaucoup à faire pour reconnaître la profession. Les formations sont très cloisonnées, les besoins des commanditaires très différents les uns des autres, le métier n'a pas encore de véritable statut ». Et pourtant, la figure du guide s'est imposée, familière, rassurante et enrichissante. Saurait-on aujourd'hui se passer de ce compagnon de visite, qui donne le clés de l'histoire à ceux qui veulent bien les prendre ?
SITE INTERNET DU FIL D’ARIANE
Entretien avec Koen D'Hiet présentant l'atelier « La petite fabrique de jouets »
Atelier organisé dans le cadre des expositions Gens de l'alpe et Eugénie Goldstern
Reportage Télégrenoble

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